Une douce famille d’éléphants : papa, maman et Babyfan !

Il fut un temps où l’Inde était une terre sauvage parsemée de collines et de Palais étincelants. C’était le temps des plantations de thé et des jungles tropicales, des lanciers du Bengale et des Maharadjas couverts de bijoux; de la chasse au tigre et des éléphants royaux aux palanquins brodés de feuilles d’or et d’argent.

C’est en ces temps anciens que vivait une famille d’éléphants, Papafan, Mamanfan et le petit Babyfan, dans un immense Palais d’or et d’argent, sur les collines du Rajasthan.
Un jour, Babyfan demanda à ses parents :

- Papa, maman, pourquoi ne se mélange-t-on pas aux autres éléphants des plaines ?

- Parce que nous vivons dans une tour d’ivoire, tiens ! Comme nos défenses !!! Ah ah ah !!! » lui répondit Papafan, tout content de son calembour. Enfin, toi, pas encore, Babyfan, à ton âge, tu es encore sans défenses avec tes petites dents de lait !!! ».

Papafan rit tellement fort qu’on entendit son barrissement à des kilomètres à la ronde.

 « Cesse de barrir aussi fort, Papafan, tu vas finir par réveiller le roi !!! » gronda Mamanfan.

Son regard se posa affectueusement sur Babyfan :

- Tu as raison, Babyfan, nous sommes différents des autres éléphants. Ton grand-père, Papyfan était très pauvre. Mais il était si grand et si fort qu’un jour,  il fut remarqué par le Roi qui décida sur le champ de le sacrer Premier Eléphant Royal.

- Pour quoi faire? demanda Babyfan.

- Pour chasser le tigre du Bengale, répondit Mamanfan

- Pour chasser le tigre ? répéta Babyfan, interloqué.

- Oui, c’est la grande passion des Maharadja, tu sais.

.- Mais, maman, le tigre n’est-il pas plus fort que nous avec ses grandes dents ?  

- Et bien, non car nous autres éléphants d’Asie sommes les seuls à ne pas le craindre grâce à notre taille. Ainsi posté sur notre dos, le Roi peut chasser sans crainte car il est protégé par notre hauteur. 

- Babyfan acquiesça : Mais, alors, dis-moi maman, quand est-ce que je vais devenir grand ? 

- Ah, ah, tu as encore un peu de temps, dit Papafan, hilare.

- Tu deviendras grand bien assez tôt, Babyfan, répondit Mamanfan. En attendant, regarde, écoute et apprend, mon enfant.

- D’accord maman ».

C’est alors que retentit la cornemuse annonçant le début de la chasse royale.

« Oh oh dit Papafan, c’est l’heure de se faire beau maman !» Les serviteurs du Roi arrivèrent.

Mamanfan et Papafan furent caparaçonnés d’or et de diamants. Ils brillaient de mille feux.  « Vous êtes si beaux » s’exclama Babyfan avec admiration. Puis il regarda tristement s’éloigner ses parents.

« Je me sens si seul dans mon Palais d’argent » se dit-il en soupirant.

En attendant le retour de ses parents, il décida de faire une promenade dans les jardins du Palais. « Pssit, Pssit… » Babyfan entendit un sifflement. Il regarda en l’air et vit Raja, le petit singe royal.

- Ah, c’est toi, Raja, comment ça va ?

- Ça va, ça va, la routine, quoi ! Et toi ? ça n’a pas l’air d’aller très fort.

- Mes parents sont partis à la chasse et comme je suis trop petit, je n’ai pas encore le droit d’y aller, alors je m’ennuie.

- Tiens, ça me donne une idée ! » dit Raja. Je vais te présenter quelqu’un. Suis-moi. »

Ils arrivèrent devant l’une des mille et une portes scintillantes du Palais. Raja frappa. « Sa majesté ? Vous êtes là ? » La porte s’entrouvrit doucement. Puis sortit un petit garçon vêtu d’or et d’argent. Le jeune prince s’appelait Singh. Comme Babyfan, Il vivait dans un fastueux Palais mais il était tout seul tout le temps. Il n’avait ni frère, ni sœur, ni ami et passait ses journées à errer dans son immense Palais.

« C’est toi, Raja ? Qui y a-t-il ? » J’ai quelqu’un à vous présenter mon Prince. Voici Babyfan, fils de Mamanfan et Papafan, les éléphants royaux de sa majesté votre père le grand Maharadja. «Je pense que vous pourriez faire connaissance tous les deux».

 C’est ainsi que sa majesté Singh le jeune prince et Babyfan devinrent les meilleurs amis du monde.

Et Babyfan fut le premier bébé éléphant à être sacré premier éléphanteau royal. Il put ainsi parader avec ses parents, luxueusement harnaché, sans attendre d’être grand.